Le gouvernement burkinabè a rejeté, mercredi 24 juin, une résolution adoptée le 18 juin par le Parlement européen sur la « persistance de la répression de l’espace civique et des libertés fondamentales au Burkina Faso ». Il dénonce un texte qu’il juge partial et contraire au principe de souveraineté des États, selon une note verbale adressée à l’Union européenne et relayée par Anadolu Ajansi.
Dans ce document publié par le ministère burkinabè des Affaires étrangères, les autorités affirment rejeter « avec la plus grande fermeté » une résolution contenant, selon elles, des « appréciations partiales », des « allégations infondées » et des « jugements péremptoires » qui ne tiennent pas compte des progrès réalisés depuis 2022 dans la reconquête du territoire national et la consolidation de l’économie.
Le gouvernement estime également que cette résolution constitue une « ingérence inacceptable » dans les affaires intérieures du Burkina Faso. Selon Ouagadougou, le texte serait « manifestement adossé à des desseins néocoloniaux » et inspiré par des « réseaux obscurs à la solde de la France », en contradiction avec les principes de la Charte des Nations unies relatifs à l’égalité souveraine des États et à la non-ingérence.
Les autorités burkinabè ont par ailleurs critiqué ce qu’elles qualifient d’« approche paternaliste » de certains parlementaires européens dans leurs relations avec les pays africains, estimant que leurs analyses reposent davantage sur des préjugés idéologiques que sur une compréhension des réalités du terrain.
Dans sa note, le gouvernement a également rappelé que la crise sécuritaire qui touche le Burkina Faso et plusieurs pays du Sahel trouve son origine dans la déstabilisation de la Libye après l’intervention militaire menée par l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) en 2011. Selon lui, cette intervention a favorisé l’expansion du terrorisme, la circulation des armes de guerre et le développement de réseaux criminels transnationaux dans la région.
Tout en réaffirmant son attachement à un dialogue « franc, respectueux et mutuellement bénéfique » avec l’Union européenne et ses partenaires, Ouagadougou a souligné que ce dialogue ne peut se développer dans un climat marqué par la « condescendance », les « injonctions » ou la remise en cause des choix souverains du peuple burkinabè.
Le gouvernement a enfin déclaré que la résolution adoptée par le Parlement européen était « nulle et de nul effet ».