Selon un reportage de TV5Monde, des habitants de l’Extrême-Nord du Cameroun abandonnent chaque soir leurs domiciles pour trouver refuge sur les collines environnantes. Une stratégie de survie face à la recrudescence des enlèvements attribués aux combattants de Boko Haram dans cette région frontalière du Nigeria.
Dans plusieurs localités de l’Extrême-Nord camerounais, la tombée de la nuit est synonyme d’exode temporaire. Craignant les incursions de Boko Haram, des familles entières quittent quotidiennement leurs maisons pour passer la nuit sur des hauteurs jugées plus sûres.
À l’approche du soir, les habitants se rassemblent sous la coordination des responsables locaux avant de rejoindre les collines qui dominent leurs villages. Depuis ces positions, ils espèrent mieux surveiller les mouvements suspects et réduire les risques d’enlèvement.
La menace des kidnappings demeure particulièrement préoccupante dans cette zone. Les ravisseurs ciblent principalement les hommes, souvent capturés à leur domicile puis retenus contre le paiement de rançons parfois exorbitantes.
Parmi les victimes figure le fils de Brama Barka. Pour obtenir sa libération après deux semaines de captivité, son père a dû vendre l’ensemble de ses biens et s’endetter auprès de ses proches afin de réunir une partie de la somme exigée par les ravisseurs.
D’autres familles n’ont pas cette possibilité. Haman Mairama, mère de six enfants, a perdu son époux après son enlèvement. Faute de moyens pour payer la rançon réclamée, elle affirme avoir appris quelques jours plus tard son exécution par les ravisseurs, selon le média.